jeudi 27 mai 2010

Félix Gonzales-Torres


©The Felix Gonzalez-Torres Foundation
Courtesy of Andrea Rosen Gallery, New York

« Nous parlons de la propriété privée parce qu’il n’y a plus d’espace privé.
Nos désirs intimes, nos fantaisies, nos rêves sont réglés
et interceptés par la sphère publique »

La lumière d’abord qui exacerbe les transparences. A travers le rideau d’or pâle qui découpe l’espace et que le visiteur traverse forcément, des silhouettes fragiles s’activent. Seules des paires d’objets en tout point identiques troublent le bleu clair qui nimbe le mur. Sur ce fragment de ciel vertical se raconte la quiétude des amants parfaits, scellés dans un instant idéal qui se voudrait immuable. Rien, aucune menace dans cet univers translucide, si ce n’est le temps qui s’égrène implacable, entre parenthèse. (5th of March) date anniversaire de l’amant prématurément disparu. Cette discrète évocation à l’histoire personnelle de l’artiste est loin d’être anodine. Placée ainsi entre parenthèse elle réveille le fantôme de l’absent et donne une valeur de carte-mémoire aux objets anonymes et vides qui constituent les œuvres. Soudain, surgit comme en sous-texte l’anxiété douloureuse face à la perte inéluctable. De cette intimité perdue restents les rideaux immaculés et immobiles protégeant des regards extérieurs ce qui est montré sous une lumière inévitable. C’est avec une délicatesse vertigineuse que Félix Gonzales-Torres soulève ainsi la question de l’éphémère et de l’éternité. De l’intime et du public. Pas de volonté hiérarchique entre l’objet et le visiteur. Fragilité, fuite du temps et questionnement de l’autorité sont au cœur de son travail.

SPECIFIC OBJECTS WITHOUT SPECIFICS FORMS
Rétrospective itinérante de Félix Gonzales-Torres
du 22 mai au 29 août 2010
Fondation Beyeler

Baselstrasse 101, CH-4125 Riehen/Bâle
Tél. +41 (0)61 645 97 00
Fax +41 (0)61 645 97 19
Informations par boîte vocale: +41 - (0)61 - 645 97 77
e-mail
fondation@beyeler.com

lundi 3 mai 2010

Céleste Boursier-Mougenot

LE BRUIT DES IMAGES

Musicien de formation, Céleste Boursier-Mougenot (1961) propose des travaux dans lequels le son et sa mise en espace sont le point de départ. Pour la Maison rouge il a créée l’installation transcom 1. Le visiteur est invité à pénetrer dans un espace, plongé dans la pénombre et délimité par une alternance de miroirs et d’écrans. Ces derniers diffusent en continu des images filmées par quatre caméras de surveillance accrochées à deux ballons gonflés à l’hélium. Points blancs navigant dans l’espace noir, ces ballons effectuent des déplacements selon une chorépgraphie aléatoire qui répond entre autre aux nombres de personnes présentes dans la pièce, à la température, aux flux des ventilateurs ainsi qu’aux phases d’expansion et de contraction de l’hélium. L’emplacement des ballons dans l’espace détermine les images captées, qui elles-même déterminent les sons. L’interprétation sonore des flux d’images variant donc en fonction de la luminosité, de la vitesse, du nombre et de la taille des objets traversant son cadre.

Ce que l’on entend correspond donc au « bruit des images », une formule qui dit bien tout ce qu’il y a d’intuitif et de poétique dans le dispositif de Céleste Boursier-Mougenot.

Vinyl, disque et pochettes d’artistesLa collection Guy Schraen
Céleste Boursier-Mougenot
Marco Decorpellada, schizomètres
Thu Van Tran
Daniela Franco, face b
La maison rouge
Fondation antoine de galbert
10 boulevard de la bastille
75012 paris France
tél. +33 (0) 1 40 01 08 81
fax +33 (0) 1 40 01 08 83
info@lamaisonrouge.org

Marco Decorpeliada, Schizomède

TROUBLANT TROUS BLANCS

"- A quoi servent les noms qu’ils portent demanda le moucheron, s’ils n’y répondent pas ?
-
Ils ne servent à rien pour eux, répondit Alice, mais je suppose qu’ils sont utiles aux gens qui les nomments. Lewis Caroll (A travers le miroir)"

L’œuvre de Marco Decorpeliada (1947-2006) témoigne d’une véritable guérilla artistique contre la frénésie classificatoire de la psychiatrie. Elle est constituée d’objets, documents, correspondances et œuvres d’art confiés par Julie W. la sœur de l’artiste au docteur Sven Legrand, le médecin psychiatre qui a suivi son frère pendant ses dernières années.

La cible des œuvres de Decorpeliada est un manuel qui encode numériquement les maladies mentales, le DSM IV (Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders). Cette classification est obligatoire aux Etats-Unis et en France.

Au cours de ses séjours en milieu psychiatrique, Decorpeliade a été étiqueté de diverses manières et s’est efforcé d’obtenir les codes (chaque fois différents) qui lui ont été attribués et d’en comprendre la logique. C’est en feuilletant un catalogue Picard que celle-ci lui est apparue. Il a en effet constaté que les codes attribués aux troubles mentaux dans le DSM IV correspondaient à ceux des produits Picard Surgelés : deux items, un même chiffre !

Puis il se met à traquer d’autres conincidences numériques et généralise ainsi sa réplique au DSM IV en annexant des corpus divers. La frise, réalisée d’une écriture appliquée et enfantine, fait correspondre à chacune de ses classifications les codes DSM des diagnostics dont il a été l’objet au cours de ses trois hospitalisations.

En étandant ce procédé d’indexation commune au corpus hétérogène, il découvre les limites du DSM : bien qu’étant un système à 1000 cases, il n’a que 307 « troubles », il est donc incomplet. Le système de quadrillage qu’il réalise sur des portes de congélateurs permet de visualiser en un clin d’œil les emplacements de maladies manquantes, ces troublants « trous blanc » qui se détachent face aux produits Picard.

Utilisant une technique simple, proche du bricolage (découpage, collage, détournement), l’ œuvre de Decorpeliada convoque des références à l’art minimal et à l’art conceptuel tout en pouvant être qualifiée d’art brut selon le terme inventé par Jean Dubuffet en 1945 pour décrire un art échappant aux conventions et aux normes esthétiques convenues (autodidactes isolés, médiums, patients d’hôpitaux psychiatriques).

Le squelette est l’ultime production de l’artiste. Avec cette pièce, il assimile l’acte de classification à une calcification donnant un aperçu des développements innattendus qu’aurait pu prendre l’œuvre de Decorpeliada.

Un ouvrage Schizomède. Petit manuel de survie en milieu psychiatrique est publié à l’occasion de l’exposition. (EPEL, 2010)

Vinyl, disque et pochettes d’artistesLa collection Guy Schraen
Céleste Boursier-Mougenot
Marco Decorpellada, schizomètres
Thu Van Tran
Daniela Franco, face b
La maison rouge
Fondation antoine de galbert
10 boulevard de la bastille
75012 paris France
tél. +33 (0) 1 40 01 08 81
fax +33 (0) 1 40 01 08 83
info@lamaisonrouge.org
www.lamaisonrouge.org

Charlotte Posenenske (1930-1985)

Dans le cadre de l’exposition PERGOLA, le Palais de Tokyo organise la première rétrospective de l’artiste allemande Charlotte Posenenske dont la pratique est marquée par un engagement politique radical : usage de matérieaux élémentaires, prix des œuvres équivalents au coût de production, minimalisme et lisibilité des formes. Déçue par l’incapacité de l’art à résoudre les problèmes sociaux urgents, elle décide de se retirer de la scène artistique à la fin des années 60.

PERGOLA
19 fév - 16 mai 10
PALAIS DE TOKYO
13 av. du Président Wilson
F-75116 Paris