mardi 2 février 2010

EXTRAMISSION 6 /BLACK MARIA" 200


Pour la 4e Triennale d’art contemporain de la Tate Britain en 2009 Nicolas Bourriaud montre une sélection d’artistes contemporains reliés entre eux par le concept Altermodern. L’exposition est découpée en cinq catégories (Energy, Borders, Archive, Heterochronia et Docu-Fiction) cartographie d’un autre monde.

C’est là, répertoriée sous Docu-Fiction que Lindsay Sears présente une installation, Extramission 6 (Black Maria), qui raconte l’histoire de sa destinée de femme autiste et artiste.

Lindsay Seers a parlé pour la première fois à l’âge de 8 ans en demandant, voyant une photographie d’elle : « Est-ce que c’est moi ? ». Ce silence pourrait avoir été causé parce qu’elle était dotée d’une mémoire eidetique (mémoire photographique). Durant ses huit premières années, elle a capturé les images du monde autour d’elle comme une caméra, enregistrant, archivant, mesurant, racontant le monde comme un lecteur lit un texte, progressant d’une page à l’autre sans besoin de parole, construisant avec ses images un répertoire de réponses et d’interprétations. Lorsqu’elle commence à parler à l’âge de 8 ans, sa mémoire eidétique s’efface au fur et à mesure qu’elle maîtrise le language.

C’est la perte traumatique de cette mémoire qu’elle explore en s’identifiant elle-même au médium photographique et en produisant un film dans lequel le rapports entre les faits et la fiction deviennent flous créant une nouvelle couche d’interprétation.

La projection de son DVD est intégrée dans une réplique de « Black Maria », studio construit en 1893 par Thomas Edison et qui figure un tournant décisif dans l’évolution de la photographie et qui marque les débuts du film.

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