lundi 8 février 2010

CHRISTIAN BOLTANSKI AU GRAND PALAIS

« PERSONNES » OÙ LES TRACES D'UNE AUTRE VIE

« C’est l’idée de la main de Dieu qui s’apparente au hasard,
celle d’un jugement dernier sans leçon de morale. »

Pour la 3e édition de Monumenta, le ministère de la Culture invite Christian Boltanski pour occuper le gigantesque espace en croix, sous la verrière du Grand Palais. Contrairement à ses prédécesseurs, Anselm Kiefer (2007) et Richard Serra (2008), il investit l’espace de manière symbolique et conceptuelle en jouant sur le vide, l’absence et sur les prèsences suggérées à l’instar du titre « Personnes » qui « désigne tout à la fois quelqu’un et la négation de quelqu’un ».

Inutile d’espèrer se réchauffer en penétrant le Grand Palais par une glaciale soirée de janvier. Selon le vœu de l’artiste, le chauffage est éteint. Aussitôt le sas d’entrée franchi, un battement de cœur géant empli l’espace et rythme régulièrement le temps qui s’écoule ici comme suspendu. Pour voir l’installation le visiteur doit contourner un mur constitué de tiroirs en fer blanc rouillés qui barre l’entrée. S’étendent alors au sol des petits parterres amménagés un peu comme ceux d’un cimetière. Ils sont composés d’env. 200’000 vêtements usagés en croix, matériau de prédilection de l’artiste. Encadrés par 4 haut-parleurs qui diffusent un battement de cœur et éclairés par 4 tubes néons chacun. Derrière ce qui évoque un champ de bataille, une haute montagne constituée de vêtement en tas s’érige vers la haute nef de verre. A son sommet, une grue rouge dotée d’un crochet à trois doigts s’empare aléatoirement des vêtements pour les emmener au sommet de la nef et les relâcher.


« Au-delà du vêtement et du battement de cœur il y a la trace d’une autre vie. »

Dans une petite pièce attenante, les visiteurs peuvent faire enregistrer les battements de leur cœur pour la base de données qui constitue la collection de l’artiste. Le 18 juillet prochain, les 30'000 battements de cœur enregistrés seront rassemblés sur l’île de Teshima au Japon.

En parrallèle à cette réflexion sur l’instant de la mise à mort « Personnes », Boltanski propose un « Après » au Musée d’art contemporain de Val-de-Marne (MAC/VAL). Avec « Bonjour Monsieur Boltanski » à la galerie du Jour, 11 artistes répondent à l’invitation d’Agnès B pour un hommage collectif à l’artiste.

Christian Boltanski est né en 1944 à Paris d’un père juif russe et d’une mère chrétienne corse. La shoah est très prèsente dans ses installations où se mèlent histoire, mémoire et inconscient. Après Annette Messager (2005), Sophie Calle (2007) et Claude Lévêque (2009) il est invité à représenter la France à la Biennale de Venise 2011.

« C’est une île lointaine, difficile à trouver,
qui évoque le pèlerinage et le recueillement. (…)
Vous pourrez écouter le cœur d’une personne enregistré à Paris.
Mais un jour, il n’y aura plus que des cœurs de défunts
et Teshima sera l’île des morts »

«PERSONNES»
Monumenta 2010 du 13 janvier au 21 février 2010

Nef du Grand Palais - Porte principale
Avenue Winston Churchill 75008 PARIS

«APRES»
MAC/VAL du 15 janvier au 28 mars 2010
Musée d’art contemporain du Val-de-Marne
Place de la Libération
Boîte postale 147
94404 Vitry-sur-Seine cedex
http://www.macval.fr
/

«BONJOUR MONSIEUR BOLTANSKI»
Du 13 février 2010 au 3 avril 2010
Galerie du Jour Agnès B
44, rue Quincampoix 75004 Paris
01 44 54 55 90
Métro 11 Rambuteau, Bus 38 , Bus 47 , Bus 85
mar à sam de 12h à 19h.

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